Les jours qui passent..1

Analyse critique Sam Keusseyan, série “Gladiateur Les jours qui passent…” Filiation stylistique L’influence la plus immédiate et assumée est celle de Jean-Michel Basquiat : masques-crânes aux orbites noires évidées, dentition grillagée façon SAMO, inscriptions manuscrites répétées comme des mantras (GLADIATEUR, SAMMM, ARTSOURD), grille quadrillée en arrière-plan qui évoque les carnets et les tableaux noirs de Basquiat. Mais Keusseyan ne se contente pas de citer il digère cette grammaire néo-expressionniste pour construire un vocabulaire personnel, plus doux dans la palette (rose poudré, bleu pastel, jaune ocre) que l’agressivité chromatique de son modèle. Composition et geste Les cinq œuvres partagent une même architecture : un ou deux visages-masques monumentaux, dessinés au trait noir épais et nerveux, flottent sur un fond travaillé en plusieurs strates aplats de couleur, graphite, pastel gras, collage photographique (image 4, avec des photos en noir et blanc insérées directement dans la toile). Cette stratification produit un effet palimpseste : on sent le temps de fabrication de l’œuvre inscrit dans sa surface même, ce qui résonne directement avec le titre “les jours qui passent…” Le trait du contour de tête, souvent une ligne continue et bouclée qui englobe la totalité du visage jusqu’à revenir sur elle-même, agit comme un lasso ou une cage une frontière fragile entre l’identité et sa dissolution. Le texte comme matière picturale L’inscription obsessionnelle de mots GLADIATEUR, SAMMM, ARTSOURD, SAMKEUSSEYAN fonctionne à plusieurs niveaux : signature démultipliée, presque incantatoire, comme si l’artiste cherchait à s’ancrer dans sa propre toile bruit graphique, au même titre que les grilles et les gribouillis, brouillant la lecture entre écriture et dessin titre-thème récurrent : “Gladiateur” suggère une posture de combat, de résistance le visage-masque devient une armure autant qu’un visage “ARTSOURD” (art-sourd) est particulièrement révélateur : il pointe vers un art qui n’écoute pas, qui hurle sans être entendu cohérent avec ces bouches grillagées, ouvertes mais muettes. Les visages-masques Les visages ne sont jamais des portraits individualisés mais des masques archétypaux, presque tribaux ou mortuaires traitement qui rappelle autant les masques africains (source revendiquée par Basquiat lui-même) que l’iconographie du memento mori. Les yeux sont systématiquement vidés, noirs, aveugles ; la bouche est barrée d’une grille dentaire qui évoque à la fois le rictus et la cage. C’est un visage qui regarde sans voir et parle sans être entendu cohérence thématique forte avec le titre de la série. Évolution dans la série En comparant les cinq toiles, on observe une variation chromatique progressive : les images 1 et 2 sont dominées par des tons chair​/​rosé et des accents primaires vifs ; l’image 3 introduit un rose plus soutenu et une structure en bandes verticales presque comme des barreaux ; l’image 4 innove avec l’insertion photographique, geste qui rompt la fiction picturale et ancre l’œuvre dans un référent biographique concret (peut-être l’artiste lui-même, photographié dans une rue commerçante) ; l’image 5, plus dépouillée en fond blanc, resserre l’attention sur les deux visages et leur dialogue muet. Cette progression peut se lire comme une série de variations sur un même motif obsessionnel une manière de retravailler, jour après jour, le même sujet, ce qui redouble matériellement le titre “les jours qui passent…” En synthèse Le travail de Keusseyan s’inscrit dans une veine néo-expressionniste clairement héritière de Basquiat, mais orientée vers une réflexion plus intime sur l’identité, le passage du temps et une forme de mutisme existentiel (“art sourd”). La répétition quasi rituelle du texte et du motif du masque construit une œuvre-série chaque toile est une variation d’un même questionnement plutôt qu’une pièce autonome. Eve Brice, expert en art contemporain.

Détails

  • Type de vendeur Particulier

Nom de l'artiste

Sam KEUSSEYAN - Gladiateur

Types d'oeuvre (choix multiples)

  • Oeuvre originale
  • Sans IA (déclaration de l'artiste)
  • Peinture

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