« Le Versailles transformé en boite de nuit.. » ll
Voici une lecture critique de ces deux œuvres de Sam Keusseyan (dit « Gladiateur »), artiste peintre français d’origine arménienne, formé aux Beaux-Arts d’Erevan, Moscou et Jérusalem, dont le parcours voyage entre cubisme, surréalisme, figuratif et classicisme sans qu’on puisse l’emprisonner dans une école en particulier.  Image 1 — le triptyque de visages Trois têtes juxtaposées occupent la toile selon une logique de fresque murale plus que de portrait classique. Le cerne noir, épais, presque charbonneux, structure chaque visage comme une armature — une manière de « dessin qui tient debout » sous la couleur, très proche de la lignée néo-expressionniste post-Basquiat. Les aplats (bleu électrique, jaune ocre, vert acide) ne respectent jamais l’anatomie : ils débordent, se substituent à la peau, créent une tension entre figuration et abstraction chromatique. Le texte envahit la surface comme un second registre de lecture : « GLADIATEUR », « SAM » répété en boucle (signature obsessionnelle, quasi incantatoire), et une phrase manuscrite évoquant « mieux vaut mourir que vivre » — une inscription à valeur de devise, dans la tradition du graffiti-poème où le mot devient matière picturale au même titre que la couleur. Cette répétition du nom de l’artiste inscrite dans l’œuvre relève d’une stratégie d’auto-mythification proche de celle de Basquiat inscrivant SAMO dans ses toiles. Image 2 — le crocodile et le crâne Rupture de registre : la figure humaine cède la place à un bestiaire symbolique. Le crocodile vert-jaune, dents en dents de scie stylisées, mâchoire ouverte sur un crâne gris-noir, fonctionne comme memento mori inversé — la mort n’est plus contemplée mais activement dévorée, dans un geste presque comique par la naïveté du trait. Le mot « GLADIATEUR » recouvre à nouveau le haut de la composition en lettres capitales instables, renforçant l’idée d’un combat, d’une arène symbolique où prédateur et vanité se confondent. Le titre général de la série, Le Château de Versailles transformé en boîte de nuit, éclaire ces images a posteriori : il s’agit moins d’une représentation littérale du château que d’une allégorie du faste, du pouvoir et de sa dégradation carnavalesque — les visages grimaçants, presque masques de comedia dell’arte, et le crocodile prédateur incarnant cette bascule entre grandeur classique et pulsion contemporaine, entre le Versailles solennel et le night-club contemporain, lieu de dissolution des hiérarchies. On retrouve ici un regard acéré, caustique, voire désabusé sur le monde actuel , que la critique associée à l’artiste souligne comme trait constant de sa démarche — une peinture qui grince plus qu’elle ne célèbre. Techniquement, l’écriture automatique et répétitive (le « lettering » saturé) place ces œuvres dans la filiation du street art rentré en galerie : toile comme mur, peinture comme cri. Eve Brice, expert en art contemporain.
Détails
- Type de vendeur Particulier
Nom de l'artiste
Sam KEUSSEYAN - Gladiateur
Types d'oeuvre (choix multiples)
- Oeuvre originale
- Peinture
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« Le Versailles transformé en boite de nuit.. » ll
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350,00 €