« Dans une chambre bleue.. » l
Analyse critique : Sam Keusseyan, série « Gladiateur » (« Dans une chambre bleue… ») En bref : deux peintures gestuelles, à l’acrylique et au pastel gras, qui s’inscrivent dans la filiation néo-expressionniste et « street art » (Basquiat, Twombly, Art brut). La singularité de Keusseyan tient à la répétition obsessionnelle de mots-signes, ART SOURD / SAM / GLADIATEUR, qui fait du texte un véritable matériau plastique. Version 1 : la polychromie Trois visages frontaux, presque des masques, émergent d’un fond noir/gris frotté et raclé. Le bleu ciel du visage de gauche et le jaune-rouge incandescent du visage central créent la « chambre bleue » : un espace mental plus qu’un lieu, où les figures flottent. Les yeux clos ou fendus et les bouches ouvertes, entre cri et souffle, donnent une tension entre méditation et clameur. Le visage de droite, blanc et squelettique, évoque le crâne, donc le memento mori. Version 2 : la version quasi monochrome Le dispositif se resserre : deux têtes massives, cernées de noir épais, dents en grille (bouches-barreaux, presque des casques de gladiateur). La palette est réduite à des gris, des blancs et des ocres, avec le bleu en coulures (larmes ou pluie) et en lettrage. Le rouge, un seul point sur le visage de droite, fonctionne comme une blessure. C’est une version plus grave, plus sculpturale. Le langage : « Art sourd » Le texte est tracé au doigt ou à la baguette, en blanc/bleu pâle, dans un ductus volontairement brut. Il a plusieurs lectures possibles : l’art des sourds, un art qui ne « s’entend » pas, sourd comme étouffé ou sourd comme contenu. La signature « SAM » répétée fait office de mantra et d’autoportrait déguisé. « Gladiateur » pose l’artiste (ou le personnage) comme combattant dans l’arène du marché et de la visibilité. Les bouches ouvertes sans son font un écho frappant à ce « sourd ». Filiation et vigilance Le vocabulaire (têtes-masques, lignes de contour épaisses, mots biffés ou répétés, hachures au pastel) est clairement post-Basquiat. Pour un regard d’expert, l’enjeu est de savoir si l’artiste s’en émancipe. Ici, la cohérence sémantique (le thème sourd/gladiateur) et la retenue chromatique de la version 2 sont ses meilleurs atouts. Le risque est le « style » qui prime sur la nécessité intérieure. Points forts : énergie du geste, maîtrise des noirs, intensité des regards fermés, cohérence de la série. Pistes : affirmer davantage une écriture propre (typographie, motifs récurrents) et documenter le concept « Artsourd ». Eve Brice, expert en art contemporain.
Détails
- Type de vendeur Particulier
Nom de l'artiste
Sam KEUSSEYAN - Gladiateur
Types d'oeuvre (choix multiples)
- Oeuvre originale
- Peinture
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« Dans une chambre bleue.. » l
« Dans une chambre bleue.. » l
350,00 €