« Les crocos sur croix.. » l

Analyse critique — Sam Keusseyan (Gladiateur), série « Les Crocos sur croix », deux versions Langage plastique commun Les deux œuvres partagent une même grammaire gestuelle : un large corps gris-taupe, tracé au couteau ou à la brosse plate, traverse la composition en diagonale — une forme reptilienne étirée, mi-crocodile mi-silhouette abstraite, qui structure tout l’espace pictural. Ce geste ample, presque monochrome, fonctionne comme une architecture sur laquelle viennent se greffer des strates de signes : zigzags au crayon de couleur, graffitis linéaires, lettres capitales isolées (LHM, SAM), petites touches de jaune vif et de bleu franc. On reconnaît ici une pratique proche de l’Art Brut et du néo-expressionnisme graffiti (filiation Basquiat​/​CoBrA), où le motif animalier sert de prétexte à une écriture automatique et à une accumulation de couches. Version 1 (IMG_5720) La composition est plus « paysagère » : des fenêtres de ciel bleu-vert apparaissent en fond, comme des échappées à travers la masse grise, et deux paires d’yeux stylisés — cils en éventail violet — humanisent la créature, lui donnant une expression presque tendre malgré la brutalité du geste. Le jaune, concentré à droite en deux masses solaires, contrebalance le vert et le blanc empâté du corps, créant une tension chromatique chaude​/​froide. La signature « LHM » en bas à gauche ancre l’œuvre dans un registre presque enfantin, naïf, qui contredit la lecture menaçante du titre. Version 2 (IMG_5711) Ici le fond se resserre en une trame de signes plus dense — grilles jaunes façon fenêtres ou cages, inscriptions « SAM » répétées, zigzags rouges et verts qui cernent toute la surface comme un cadre nerveux. Les yeux du crocodile deviennent plus abstraits, réduits à des taches ovales orange et bleues, presque masques. Le geste gris est plus sec, plus anguleux dans sa gueule (formes noires en triangle), renforçant l’agressivité du motif — plus proche ici de la « croix » du titre, comme si la structure orthogonale du fond dessinait une grille de contrainte ou de crucifixion autour de l’animal. Lecture du diptyque Le titre « Les crocos sur croix » suggère une tension entre prédation et sacrifice — le crocodile, figure de pouvoir brut, est ici « crucifié » sur la toile même, capturé dans une grille de signes qui l’excède et le contient à la fois. La première version est solaire et presque affectueuse ; la seconde, plus cryptée et grillagée, verse vers l’inquiétude. Le passage de l’une à l’autre peut se lire comme une variation sérielle typique du travail « brut » de Keusseyan : répétition du motif comme mantra, où chaque itération déplace légèrement l’équilibre entre figuration primitive et écriture abstraite. Eve Brice, expert en art contemporain.

Détails

  • Type de vendeur Particulier

Nom de l'artiste

Sam KEUSSEYAN - Gladiateur

Types d'oeuvre (choix multiples)

  • Oeuvre originale
  • Peinture

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