« L’Europe sans corps.. » l
Analyse critique : Sam Keusseyan, Gladiateur / « L’Europe sans corps… » Cadre et esthétique Ces deux versions relèvent d’une figuration néo-expressionniste brute, dans la filiation de la Figuration libre et du Neo-Expressionism new-yorkais des années 80. La parenté avec Basquiat est visible : têtes frontales masquées, dentition en grille, écriture intégrée à l’image, ratures et gestes de recouvrement. Mais la palette et la syntaxe graphique propres à Keusseyan définissent son idiome, qu’il nomme « Artsourd ». Version 1 : le triptyque ocre et gris • Trois têtes frontales sur fond or/ocre, avec des accents bleu cyan, vert olive et orange. • Les grands cernes gris sont le geste dominant. Ils fonctionnent à la fois comme halos, cadres et effacements. Ils isolent chaque visage tout en le recouvrant partiellement, comme une censure ou une mise sous scellés. • Les sourires-grilles évoquent le masque, le crâne, la cage. Le sourire devient une barrière plutôt qu’une expression. • Les mots, répétés en litanie (SAM, ARTSOURD, L’EUROPE SANS CORPS, GLADIATEUR), fonctionnent comme un mantra et comme une signature obsessionnelle. Version 2 : le diptyque bleu-gris • Palette plus froide et plus sobre : fond gris-bleu, réserves blanches autour des visages. • Deux figures contrastées : l’une grise, au nez vert olive, presque minérale ; l’autre sombre, à la chevelure brune massive, au buste vert gestuel. • Le pastel gras et les fils rouges ou roses apportent la fragilité du dessin dans une matière picturale dense. • Le texte se déploie en colonnes verticales et devient un élément de composition à part entière. Lecture conceptuelle • « L’Europe sans corps » : une Europe décorporée, faite de têtes, d’idées et d’institutions sans chair. Les bustes tronqués et les corps réduits à des blocs de couleur le suggèrent littéralement. Corps peut aussi s’entendre comme « corps social » ou « corps d’armée ». • « Gladiateur » : l’arène, le spectacle et la violence codifiée. Le peintre serait à la fois gladiateur et spectateur, luttant dans l’arène de l’art. • « Artsourd » : jeu de mots ouvert sur art sourd (un art qui n’écoute pas, ou qui se fait sans son) et sur l’art de/pour les sourds. Le langage visuel prime alors sur le langage sonore, ce qui expliquerait l’insistance sur les mots écrits et sur la bouche muette, grillagée. Points forts et réserves Forces : énergie gestuelle, cohérence du vocabulaire d’une version à l’autre, tension entre texte et image, usage audacieux du recouvrement. Réserves : la référence basquiatienne est très présente. L’enjeu pour l’artiste est d’affirmer davantage ce qui le distingue (le concept Artsourd, la palette, la structure des cernes). Eve Brice, expert en art contemporain.
Détails
- Type de vendeur Particulier
Nom de l'artiste
Sam KEUSSEYAN - Gladiateur
Types d'oeuvre (choix multiples)
- Oeuvre originale
- Peinture
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« L’Europe sans corps.. » l
« L’Europe sans corps.. » l
400,00 €