« Malgré toi j’existe.. » l

Analyse critique — Sam Keusseyan, série « Malgré toi j’existe… » (Gladiateur) Un diptyque de la présence contrainte Les deux œuvres fonctionnent en tension frontale : la première déploie des formes zoomorphes jaune-vert acide — mâchoires, museaux dentelés en zigzag — qui semblent surgir du bord inférieur du support comme des gueules de crocodile ou de bête héraldique inversée. La seconde bascule dans une palette grise-brune plus sourde, où deux profils de visages stylisés (traits blancs sur fond gris-noir, un peu à la manière d’un dessin gravé) se font face, séparés par une colonne rose vif zébrée de zigzags — motif qui rime directement avec les mâchoires dentées de la première toile et crée ainsi une continuité plastique entre les deux pièces. Le texte comme matière picturale C’est l’élément le plus signifiant du travail : les mots « SAM », « GLADIATEUR », « KEUSSEYAN » sont gravés, griffonnés, répétés en fond comme un papier peint obsessionnel — presque un tatouage mural. Cette inscription compulsive du nom propre évoque une stratégie proche de Basquiat (la signature comme geste de légitimation et d’appropriation de l’espace) mais aussi le graffiti identitaire : l’artiste inscrit littéralement son existence dans la texture même de l’œuvre. Le titre « Malgré toi j’existe… » prend alors tout son sens plastique : l’écriture-fond n’est pas décorative, elle est une affirmation têtue, presque incantatoire, de présence — comme si le nom devait être répété pour résister à un effacement supposé. Composition et geste Le trait est brut, la touche large et grasse (aplat au couteau ou à la brosse épaisse), avec des contours cernés de noir qui isolent les formes du fond — procédé proche du vitrail ou de la BD expressionniste, qui accentue le caractère de masque ou de totem des figures. Les dents en zigzag, récurrentes dans les deux pièces, fonctionnent comme signature graphique : morsure, protection, agressivité latente — cohérent avec le nom « Gladiateur », qui suggère un combat, une armure, une posture de défense plus que d’attaque pure. Lecture d’ensemble On est dans une veine néo-expressionniste et art brut, où le corps (animal ou humain, la frontière reste volontairement floue) devient support d’une revendication d’identité. La répétition du prénom « Sam » agit comme un ancrage biographique dans une peinture par ailleurs très gestuelle et abstraite dans ses formes. Le rapprochement mâchoire​/​visage entre les deux toiles suggère une série pensée comme un ensemble narratif — une figure qui mue, ou deux étapes d’un même sujet en confrontation avec lui-même. Eve Brice, expert en art contemporain.

Détails

  • Type de vendeur Particulier

Nom de l'artiste

Sam KEUSSEYAN - Gladiateur

Types d'oeuvre (choix multiples)

  • Oeuvre originale
  • Peinture

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